Maurice, machinalement, replia le chèque et le serra dans son portefeuille.
—Bonjour! dit-il. Et il sortit, il s'enfuit de la banque.
«Je me demande ce qu'ils soupçonnent! songea-t-il. Je n'y comprends rien! Leur conduite a quelque chose d'inexplicable. Mais, d'ailleurs, peu importe. Tout est perdu! Le chèque a été touché. La police va être sur pied. Dans deux heures, cet idiot de Pitman sera en prison, et toute l'histoire du cadavre figurera dans les journaux du soir!»
Si, cependant, le pauvre garçon avait pu entendre le dialogue qui avait eu lieu à la banque, après son départ, il aurait été sans doute moins effrayé; mais peut-être, en échange, se serait-il senti encore plus mortifié.
—Voilà une affaire bien curieuse, monsieur Bell! avait dit M. Judkin.
—Oui, monsieur, avait répondu M. Bell; mais je crois que nous lui avons donné une bonne alarme!
—Oh! nous n'entendrons plus parler de M. Maurice Finsbury! avait repris M. Judkin. Ce n'était qu'une première tentative de sa part, et nous avons eu tant de bons rapports avec la maison Finsbury que j'ai cru plus charitable d'agir doucement. Mais vous pensez bien comme moi, monsieur Bell, qu'il n'y a pas d'erreur possible sur la visite d'hier? C'est bien le vieux M. Finsbury lui-même qui est venu toucher ses huit cents livres, n'est-ce pas?
—Aucune erreur possible, monsieur! fit M. Bell avec un sourire. C'était bien M. Finsbury! Il m'a expliqué tout au long les principes de l'escompte!
—Fort bien! fort bien! conclut M. Judkin. La prochaine fois que M. Joseph Finsbury viendra, priez-le de passer dans mon cabinet! Je redoute un peu sa conversation; mais j'estime, dans le cas présent, que nous avons absolument le devoir de le mettre en garde!