— Vous êtes assez adroit pour peu vous en soucier, je vois, répliqua l’étranger.

— Non, monseigneur, pas adroit, répliqua Dick. En cela je ne visais aucun avantage pour moi-même. Mais quand, à la lumière de ce nouveau jour, je vois quel puissant chevalier s’est rendu, non à mes armes seules, mais à la fortune, à l’obscurité et à la marée… et combien aisément le combat aurait pu tourner autrement avec un soldat aussi neuf et aussi rustique que moi… ne vous étonnez pas, monseigneur, si je demeure confondu de ma victoire.

— Vous parlez bien, dit l’étranger. Votre nom ?

— Mon nom, s’il vous plaît, est Shelton, répondit Dick.

— On m’appelle Lord Foxham, ajouta l’autre.

— Alors, monseigneur, avec votre bon plaisir, vous êtes tuteur de la plus charmante fille d’Angleterre, répliqua Dick, et, pour votre rançon et la rançon de ceux pris avec vous sur la grève, il n’y aura pas d’hésitation sur les conditions. Je demande, monseigneur, à votre bon vouloir et bienfaisance de m’accorder la main de ma maîtresse Joanna Sedley ; et prenez en échange votre liberté et celle de vos hommes, et (si vous les acceptez) ma reconnaissance et mon hommage jusqu’à ma mort.

— Mais n’êtes-vous pas pupille de Sir Daniel ? Il me semble, si vous êtes le fils de Harry Shelton, que je l’ai entendu dire, dit Lord Foxham.

— Vous plairait-il, monseigneur, de mettre pied à terre ? Je vous dirais volontiers complètement qui je suis, dans quelle situation et pourquoi si hardi dans mes demandes. Je vous supplie, monseigneur, prenez place sur ces marches, écoutez-moi jusqu’au bout, et jugez-moi avec indulgence.

Et Dick aida Lord Foxham à descendre ; le conduisit à la croix sur le monticule ; l’installa à la place où lui-même avait attendu ; et, debout, respectueusement devant son noble prisonnier, raconta l’histoire de sa vie jusqu’aux événements de la dernière nuit.

Lord Foxham écouta gravement, et lorsque Dick eut terminé :