Hatch sauta de cheval, jeta les rênes par-dessus la palissade, et descendit dans le champ, Dick se tenant à son côté, vers l’endroit où le vieux soldat piochait, enfoncé jusqu’aux genoux dans ses choux, et, de temps en temps, d’une voix éraillée, chantait quelque bribe de chanson. Il était complètement habillé de cuir, sauf son chaperon et sa palatine, qui était d’étoffe noire et attachée avec un lacet écarlate. Sa figure ressemblait à une coquille de noix, tant elle était brunie et ridée, mais ses vieux yeux gris étaient encore clairs et sa vue excellente. Peut-être il était sourd, peut-être il trouvait au-dessous de la dignité d’un vieil archer d’Azincourt de prêter quelque attention à ce qui se passait ; mais, ni le son maussade de la cloche d’alarme, ni l’approche de Bennet et du jeune homme ne parurent l’émouvoir, et il continuait à piocher obstinément, et son mince filet de voix chevrotait :

Chère Dame, je vous prie,

Veuillez me prendre en pitié.

— Nick Appleyard, dit Hatch, Sir Olivier se rappelle à votre souvenir et ordonne que vous vous rendiez sur l’heure à Moat-House pour y prendre le commandement.

Le vieillard leva la tête.

— Salut, mes maîtres, dit-il en ricanant, et où va maître Hatch ?

— Maître Hatch part pour Kettley, avec tous les hommes à qui nous pouvons fournir un cheval, répliqua Bennet. Il paraît qu’il va y avoir un combat ; monseigneur attend du renfort.

— Oui vraiment, répliqua Appleyard, et qu’est-ce que vous laissez comme garnison là-bas ?

— Je vous laisse six gaillards, et Sir Olivier par-dessus le marché, répondit Hatch.

— Je ne tiendrai pas la place, dit Appleyard. Ça ne suffit pas. Il m’en faudrait une quarantaine pour bien faire.