— Parbleu, c’est pour cela que nous venons vous chercher, vieux ronchonneur, répliqua Hatch. Quel autre que vous serait capable de rien faire dans une telle maison, et avec une pareille garnison ?

— Oui-dà, quand votre pied vous blesse, vous vous souvenez du vieux soulier, répliqua Nick. Il n’y a pas parmi vous un homme capable de monter à cheval ou de tenir une hache. Quant à tirer de l’arc, par saint Michel, si le vieil Henri V revenait, il se mettrait au but et vous laisserait tirer sur lui à un denier le coup.

— Mais si, Nick, il y en a encore qui savent tendre l’arc, dit Bennet.

— Bien tendre l’arc, s’écria Appleyard, oui ; mais qui me tirera un beau coup ? Pour ça, il faut l’œil et une bonne tête sur les épaules. Et puis, qu’est-ce que vous appelez tirer loin, Bennet Hatch ?

— Eh bien, dit Bennet en regardant autour de lui, ce serait assez loin d’ici jusqu’à la forêt.

— Oui, ce serait assez loin, dit le vieux, regardant par-dessus son épaule, et il mit la main au-dessus de ses yeux pour mieux voir.

— Eh bien, qu’est-ce que vous regardez, demanda Bennet en ricanant ; voyez-vous Henri V ?

Le vétéran continua à regarder la colline en silence. Le soleil brillait, éclatant, sur les prairies en pente. Quelques moutons blancs broutaient. Tout était muet, sauf le tintement lointain, de la cloche.

— Qu’y a-t-il, Appleyard ? demanda Dick.

— Voyez les oiseaux, dit Appleyard.