En été tout est doux.
Vienne l’hiver avec le vent et la pluie,
Vienne l’hiver avec la neige et les frimas,
Rentrez chez vous le capuchon sur la figure,
Et mangez au coin du feu.
Pendant tout ce temps, les deux jeunes gens avaient écouté, serrés l’un contre l’autre ; Richard avait seulement détaché son arc et tenait tout prêt le grappin dont il se servait pour le bander. Ils n’avaient pas osé bouger et cette scène de vie en forêt s’était déroulée sous leurs yeux comme une scène de théâtre. Mais voici que le spectacle changea d’une façon singulière. La grande cheminée qui dominait les ruines s’élevait juste au-dessus de leur cachette. Il y eut un sifflement dans l’air, puis un bruit sonore et les fragments d’une flèche tombèrent près d’eux. Quelqu’un d’un endroit plus élevé du bois, peut-être la sentinelle qu’ils avaient vue postée dans l’if, avait lancé une flèche sur le haut de la cheminée.
Matcham ne put retenir un petit cri qu’il étouffa aussitôt, et Dick, surpris, lâcha le grappin. Mais pour les hommes de la prairie, ce trait était un signal attendu. Ils furent tous sur pied à l’instant, rajustant leurs ceintures, essayant la corde de leurs arcs, faisant jouer leurs épées et dagues dans les fourreaux. Ellis leva la main, sa figure avait pris tout à coup un air de sauvage énergie ; le blanc de ses yeux brillait dans sa face basanée.
— Camarades, dit-il, vous connaissez vos postes. Que pas une âme ne vous échappe. Appleyard était un stimulant avant dîner ; mais à présent à table. Il y a trois hommes que je vengerai amèrement : Harry Shelton, Simon Malmesbury, et — frappant sur sa vaste poitrine — et Ellis Duckworth, par la messe !
Un homme arriva, rouge de la course, à travers les buissons.
— Ce n’est pas Sir Daniel, dit-il tout essoufflé. Ils ne sont que sept. La flèche a-t-elle touché ?