Sur ces mots, il s'éloigna, sans se presser, dans la direction de Montmartre. Un fiacre passait, il y monta en jetant une adresse au cocher; un quart d'heure après, ayant congédié son cocher à l'entrée de la rue, il sonnait à la porte de Mr. Vandeleur.

La grille fut ouverte avec précaution par le dictateur lui-même.

«Qui êtes-vous? demanda-t-il.

—Vous excuserez cette visite tardive, Mr. Vandeleur.

—Votre Altesse est toujours la bienvenue», répondit le vieillard en s'effaçant.

Le prince pénétra dans le jardin, marcha droit à la maison et, sans attendre son hôte, ouvrit la porte du salon. Il y trouva deux personnes assises: l'une était miss Vandeleur, les yeux rougis par des larmes récentes; un sanglot la secouait encore de temps en temps. Dans l'autre personne, Florizel reconnut un jeune homme qui, quelques semaines auparavant, l'avait abordé au club pour lui demander des renseignements littéraires.

«Miss Vandeleur, dit Florizel en la saluant, vous paraissez fatiguée. Mr. Rolles, si je ne me trompe? J'espère, monsieur, que vous avez tiré profit de l'étude de Gaboriau.»

Le clergyman semblait absorbé dans des pensées amères; il ne répondit pas et se contenta de saluer sèchement, tout en se mordant les lèvres.

«À quel heureux hasard dois-je l'honneur de recevoir la visite de Votre Altesse? demanda Vandeleur qui arrivait derrière le prince.

—Je viens pour affaires, et, quand j'aurai terminé avec vous, je prierai Mr. Rolles de m'accompagner dans une petite promenade. Mr. Rolles, je vous ferai remarquer, par parenthèse, que je ne suis pas encore assis.»