ELLE RÉPONDIT COMPLÈTEMENT DE TRAVERS.
— Ne pleurez pas, vous vous présenterez une autre fois et vous serez plus heureuse. Voyons, Estelle, ne pleurez pas… je ne veux pas… je ne puis vous voir pleurer!.. Voyons donc, je vous en prie, Estelle, ma chère petite Estelle…
— Comment! ma chère petite Estelle? s'écria une voix derrière la jeune fille; je vous trouve bien familier, monsieur Georges Lorris!»
C'était Mme Lacombe, qui, n'ayant pas rencontré Estelle à Zurich, venait de rentrer en proie aux plus vives inquiétudes et d'apprendre la triste nouvelle par le phono du salon.
Georges Lorris resta un instant interdit. Il connaissait Mme Lacombe, ayant déjà eu plusieurs fois, depuis la tournade, l'occasion de causer avec elle.
«Madame, fit-il, je voyais Mlle Estelle si désolée de son échec, j'essayais de la consoler, et la vive amitié que j'ai conçue pour elle depuis l'heureux hasard… Enfin, elle pleurait, elle se lamentait, et je ne pouvais voir couler ses larmes sans…
— Je vous suis très obligée, dit sèchement Mme Lacombe, nous avons subi un petit échec, nous travaillerons et nous nous représenterons, voilà tout… Je me charge de consoler ma fille moi-même… Monsieur, je vous présente mes civilités…
— Madame! s'écria Georges Lorris, je vous en conjure, ne vous fâchez pas… Un seul mot, je vous prie… j'ai l'honneur de vous demander la main de Mlle Estelle!
— La main d'Estelle! s'écria Mme Lacombe en se laissant tomber dans un fauteuil.