Dans le tracas du voyage, des courses de montagne, des parties sur les lacs ou des promenades aériennes, à l'hôtel, aux tables d'hôte, les jeunes fiancés ont le temps et la facilité de s'étudier et de se bien connaître.
LA COURSE A L'ARGENT
C'est alors, en ce quasi tête-à-tête de plusieurs semaines, que les vrais caractères se révèlent, que les vraies qualités s'aperçoivent, que les petits défauts se devinent et les grands aussi, quand il y en a. Et alors, si l'épreuve a révélé aux fiancés quelques incompatibilités, on ne s'obstine pas. Un seul mot de l'un d'eux en débarquant suffit-avec une petite signification par huissier pour la régularité-et, sans discussion, sans brouille, le projet d'union est abandonné, le contrat préparé est déchiré et chacun s'en va de son côté, libre et tranquille, soupirant largement, avec soulagement, avec le sentiment d'avoir échappé à un grand danger, et prêt à recommencer l'épreuve avec un autre ou une autre.
Chacun s'en va de son côté.
L'ÉPREUVE A RÉVÉLÉ QUELQUES INCOMPATIBILITÉS.
La statistique nous apprend que, l'an dernier, en 1954, en France, 22-1/2 pour 100 seulement des Voyages de fiançailles aboutirent au résultat négatif, 77-1/2 ont fini par le mariage définitif. La morale a gagné à ce changement de coutumes; grâce aux Voyages de fiançailles, le chiffre des divorces a baissé considérablement.
«Soit, dit enfin Philox Lorris, fatigué de lutter et pris d'ailleurs par les soucis d'une importante invention nouvelle; soit, faites toujours votre Voyage de fiançailles, puisque tu le veux, mais rappelle-toi que ça n'engage à rien… nous verrons après.»