Cette haine profonde, implacable, était spécialement dirigée contre les membres de la Police Métropolitaine, que la portion agressive de la population accusait d'être l'appui principal du nouveau régime, et par conséquent, un obstacle sérieux à ses propres vues ambitieuses.
Les attaques nocturnes, les agressions de tous genres, les meurtres étaient fréquents.
Les officiers de faction étaient chassés de leurs postes et quelquefois tués sur place.
C'était une chose commune que de rappeler ces malheureux policemen au corps-de-garde, afin de les sauver d'une surprise funeste, même d'une mort certaine: tant l'assassinat était à l'ordre du jour.
En outre, les autorités républicaines voulaient éviter tout conflit avec la population en furie; elles préféraient avoir recours aux expédients qui pouvaient apaiser les esprits, plutôt que d'essuyer le reproche d'avoir excité davantage les passions.
La modération était la politique du parti au pouvoir. Ce n'était que dans les occasions d'extrême provocation que ce parti usait de force pour repousser la force. Le fait est que l'émeute du 14 septembre 1874 est la seule occasion où le gouvernement ait tenté de maintenir son autorité par les armes.
Dans tous les autres cas, l'administration s'est toujours montrée sage et conciliante, dans le but d'éviter la trop grande effusion de sang, et aussi dans l'espoir de pouvoir mieux s'affermir par des procédés pacifiques.
Mais toutes ces concessions étaient en vain. Les gens qui entretenaient cette crise en avaient fait un problème dont la solution ne devait s'effectuer que par un changement de gouvernement, tel qu'ils le préméditaient.
Il n'y a pas de doute que le but de toutes ces violences était de détruire ou d'amoindrir le pouvoir des autorités constituées.
C'est à cette période agitée de notre histoire, au milieu de ces soulèvements contre les lois établies, que le capitaine Rey a montré qu'il était homme de cœur.