Doué d'un esprit prompt, d'un jugement sain, d'un courage égal à toute éventualité, il n'a jamais manqué de faire son devoir en dépit des difficultés qui l'environnaient.
Sans être un homme de grande éducation, il était juste envers ses semblables, indépendemment des questions de race ou de parti.
Brave et généreux, sa conduite était toujours conforme au devoir et à la dignité.
C'était un de ces hommes qui grandissent avec les événements, et qui sont à la hauteur des plus délicates responsabilités.
Il possédait une mémoire prodigieuse des noms et des personnes. Il pouvait nommer presque tous les habitants de la ville, et il les reconnaissait à vue. Cette mémoire, cette facilité qu'il avait de se rappeller l'état des lieux, les traits et les mœurs des hommes, en faisaient un caractère unique dans la communauté.
Toujours sympathique, Rey était, pour ainsi dire, le confident de la population. D'ailleurs, il servait d'arbitre dans toutes les affaires où il s'agissait de faire se réconcilier ceux qui avaient le défaut de se brouiller pour les moindres contrariétés. On avait confiance en son bon sens, en son impartialité et aussi en ses qualités de gentilhomme dans toutes les questions soumises à sa décision.
Octave Rey a eu l'honneur de représenter son District comme sénateur d'État.
Il est mort subitement le 1er octobre 1908.
Sa mort a causé autant de regret que de surprise: rien n'indiquait chez lui une fin si prochaine.
Les journaux ont parlé de lui longuement et en termes très élogieux.