Jamais auparavant (à une seule exception) la Nouvelle-Orléans n'avait été le théâtre d'une semblable démonstration.

Les hommes, les femmes, les enfants, tous avaient pris le deuil, tous suivirent le cercueil du héros jusqu'à l'asile des morts où ses restes mutilés et desséchés furent déposés.

Il n'y a eu qu'un seul André Cailloux: nous demandons à nos compatriotes de lui ériger la statue ou le monument qui sauveront son nom de l'oubli.

LA CONSTITUANTE DE 1868

Nous sentons que notre ouvrage serait singulièrement imparfait si nous n'y ajoutions certaines observations sur une phase importante de la Constituante de 1868.

Presque tous les Créoles qui furent membres de cette fameuse Assemblée sont morts aujourd'hui.

L'histoire, dans notre milieu, n'est peut-être pas assez impartiale pour rendre justice à la mémoire de ces députés qui travaillèrent les premiers à la reconstitution pacifique de notre État.

Il y a encore ce danger, qu'ils pourraient être confondus avec d'autres groupes, perdant ainsi le bénéfice d'une appréciation particulière.

Il est nécessaire de faire ressortir quelle était l'importance numérique des Créoles dans cette Convention; il importe plus encore de faire entrevoir leurs sentiments, de noter leur attitude dans les circonstances extraordinaires.

Oui, les Créoles doivent être jugés séparément, parce qu'ils ont eu de tout temps une volonté qui leur était propre.