Ranime-toi ma lyre!—Une lampe expirante
Jette, avant de s'éteindre, une vive clarté;
Exhale un dernier chant de ta corde vibrante,
Qui dise les tourments de mon cœur agité!
Soit que l'astre du jour inonde de lumière
Et la terre et les cieux,
Soit que sur nous du soir le voile de mystère
Tombe silencieux;
Vierge, c'est toujours toi qui vis dans ma pensée,
Qui fais battre mon cœur,
Qui ranimes l'espoir en mon âme affaissée
Sous le faix du malheur.
C'est toi qui m'apparais, ô beauté que j'adore,
La nuit, dans mon sommeil;
Quand le jour luit c'est toi que mon œil cherche encore
À l'heure du réveil.
Souvent, alors, je crois voir une ombre légère,
Qui vole autour de moi;
Cette ombre que ne peut dissiper la lumière,
C'est toi, c'est toujours toi!
Mais, ô déception, une ombre vaine, un rêve
Peut-il nous rendre heureux?...
Pour qui rêve au bonheur, quand le songe s'achève
Le réveil est affreux!
Viens oh! viens m'arracher à la douleur profonde
Où je suis abîmé,
Viens, je n'espère plus qu'un bonheur en ce monde,
C'est celui d'être aimé.
Car l'amour, l'amour seul d'une vierge adorée
Peut consoler le cœur des maux qu'il a soufferts;
C'est la fraîche oasis, c'est la manne sacrée,
C'est la source d'eau pure au milieu des déserts!
P. Dalcour.
B. VALCOUR