Quand a cessé l'orage et que le ciel plus beau
De sa robe d'azur se pare de nouveau;
Quand souriant d'espoir l'astre qui nous éclaire
Rejette au loin son voile, et répand sa lumière;
Pour fêter le retour de ce beau jour naissant,
Le rossignol joyeux fait entendre son chant:
Ainsi, puisque ta muse aujourd'hui se réveille,
Et que des sons charmants ont frappé mon oreille,
Il m'est doux de penser que du Destin jaloux
Ton courage a vaincu le funeste courroux.
Maintenant plus d'ennuis, plus de morne silence;
Que le plaisir, ami, succède à la souffrance.
Écarte de ton cœur ce passé ténébreux
Que tu sus racheter par des efforts heureux;
Célèbre par tes chants cette grande victoire:
Ton retour aux vertus te couronne de gloire.
A. Populus.
À Mon Ami P.—Acrostiche.—Réponse à mon Ami M. St-Pierre: telles sont les pièces signées du nom de ce poète.
M. Auguste Populus était maçon de métier. Malgré la maladie consumante dont il était atteint, son assiduité à l'étude était remarquable, son amour pour les exercices de l'esprit lui attirait l'estime et l'admiration de ses contemporains.
Il est mort jeune, à peine âgé de 46 ans.
M. Populus était de la Nouvelle-Orléans.
Lui et St-Pierre étaient unis par les liens de la plus étroite amitié. St-Pierre, dans un moment de désespoir, avait songé à se suicider, et ce fut son ami Populus qui l'en dissuada. Le morceau que nous reproduisons était la réponse à l'épitre de St-Pierre, dans laquelle ce dernier exprimait sa gratitude à notre poète de ce qu'il était venu le rappeler ainsi à la raison, ou, comme il le dit, aux vertus. Cette circonstance donne un caractère solennel à la pièce, comme aussi elle en fait ressortir la sublime inspiration.
NICOL RIQUET
Nicol Riquet était cigarier de métier. L'on dit qu'il improvisait facilement et qu'il a fait la réputation de plusieurs parasites littéraires de son temps. Riquet n'a jamais quitté la Nouvelle-Orléans. Il a composé, dit-on, une foule de romances qui n'ont jamais été imprimées, mais que la jeunesse de son temps aimait à chanter.
Le Rondeau Redoublé de Riquet a la distinction d'être la seule composition de ce genre publiée dans les Cenelles. À ce titre, elle offre un intérêt particulier. C'est une dédicace naïve adressée au dieu Bacchus.