Déjà cesse ma frénésie,
Lyre, œillet, revenez à moi.
Disparais, sombre jalousie,
Aurelie a reçu ma foi.
Dans l'Amour tout est indicible,
Plaisir, malheur, joie et chagrin:
Pour un mot on est inflexible,
Un regard désarme soudain!

Manuel Sylva.

Manuel Sylva, dit-on, était un homme très modeste mais d'un talent hors ligne. Il n'a écrit pour les Cenelles que deux morceaux, l'un ayant pour titre Le Rêve et l'autre, Soudain, que nous avons reproduit.

Sylva était de descendance espagnole, ainsi qu'il semble l'indiquer dans son Essai Littéraire. Voici comment il s'exprime:

Aux chants de mille oiseaux, à ceux du rossignol,
J'osai mêler ma voix dans un air Espagnol.
Las! Je chantais Adèle et ma mère chérie,
Et tous les agréments d'une belle patrie.

Le joug pesait lourdement sur la belle nature de Sylva, et il rêvait aux charmes d'un pays qu'il appelait le sien et qui, peut-être, était encore le séjour de ses parents bien-aimés.

V. E. RILLIEUX

Victor Ernest Rillieux est natif de la Nouvelle-Orléans. Il descend d'une famille dont plusieurs membres se sont illustrés par des aptitudes spéciales et des services précieux rendus à notre population.

Comme disait Joanni de William Stephens, "il est mort avant l'âge". En effet, 53 ans, c'est comparativement un jeune âge pour mourir, surtout lorsqu'il s'agit d'un homme de la valeur de Rillieux.

Rillieux avait le désavantage d'être pauvre. Il a passé des jours bien tristes, mais jamais sur son visage calme on ne pouvait découvrir la trace de ses souffrances.