Son frère, Jules Abeilard, était aussi un artisan de premier ordre. Sans être l'égal de Joseph, il possédait un talent varié, et il s'est souvent distingué dans la préparation et l'exécution de travaux importants entièrement confiés à ses soins. Jules est mort à Panama, laissant à la population l'héritage d'une belle et enviable réputation.

E. J. EDMUNDS

Nous devons ajouter à la liste d'honneur le nom du professeur E.-J. Edmunds. Il naquit à la Nouvelle-Orléans. S'il vivait aujourd'hui il serait encore loin d'être un vieillard.

M. Edmunds fut un de nos plus habiles mathématiciens. Aussi, à son retour de France, les autorités de l'État ne tardèrent-elles pas à profiter de ses talents.

Vers l'année 1872, le Bureau des Écoles Publiques l'invita à occuper la chaire des Mathématiques à l'École Supérieure de la Nouvelle-Orléans, et l'offre fut par lui acceptée immédiatement.

Comme toujours, les journaux l'attaquèrent. C'était une ruse employée par la presse prévenue pour s'assurer si vraiment l'instructeur nouvellement choisi était capable de remplir les délicates fonctions qu'il avait assumées. La lutte, dès lors, s'engagea entre les journaux et le jeune professeur, mais elle fut de courte durée. Pour mettre fin aux ennuis dont il était l'objet, le maître lança un défi à tous ses détracteurs, les invitant à venir le rencontrer au tableau noir. Après cela, on le laissa tranquille.

Le professeur Edmunds, à la suite d'une maladie, perdit la raison. Il ne l'avait pas recouvrée à sa mort. Comme M. Nelson Fouché, il avait fait une étude approfondie des mathématiques.

Il avait aussi d'excellentes notions d'astronomie.

Il est bien malheureux qu'il soit mort si jeune.

NORBERT RILLIEUX