L'un était le rédacteur de la Tribune, l'autre, un disciple d'Apollon.
Dans une certaine Histoire de la Louisiane, M. Basile Crokère est donné comme mulâtre. C'est une erreur, il était quarteron. Le terme mulâtre est chez nous si malsonnant, que nous préférons ainsi préciser.
Dans un certain ordre d'idées, on y attache même un caractère d'infamie.
FRANÇOIS BOISDORE
M. François Boisdoré était un orateur de talent. Il a rendu des services signalés à la cause des républicains.
Au début de la Reconstruction, en 1868, il a acquis de la distinction en faisant entendre sa parole éloquente dans nos assemblées politiques. On peut dire de M. Boisdoré qu'il a fait honneur à la population par son patriotisme, par l'élévation de son caractère, et par la part active qu'il a prise aux débats publics, lorsque la cause du progrès avait besoin de défenseurs zélés et capables. Nous devons cet éloge à sa mémoire.
M. Boisdoré a été pendant longtemps teneur de livres chez M. Pierre Cazenave, le plus grand entrepreneur de pompes funèbres de la Nouvelle-Orléans, au milieu du siècle passé.
M. Cazenave était aussi le plus habile embaumeur de son époque.
On dit, à cet égard, que M. Cazenave a emporté dans la tombe un secret particulier qu'il possédait sur la manière de prévenir la corruption des corps. Ce qui est vrai, c'est qu'il y a encore dans l'établissement de M. Emile Labat une de ces momies, préparée par lui et que le temps a respectée.
L'établissement Cazenave, où M. Boisdoré a fait un si long terme de service, était situé angle des rues Bourbon et Saint-Louis. Il ne paraît pas très nécessaire d'ajouter que M. Boisdoré appartenait à l'ancienne population libre et qu'il avait reçu une brillante éducation.