Il leur payait de bons gages et s'occupait de leur bien-être généralement.
M. Alcès avait conçu l'idée de faire une famille de ses ouvriers.
Ceux qui travaillaient dans sa fabrique n'avaient qu'à faire connaître leurs besoins, qu'il se donnait aussitôt le plaisir de leur fournir les fonds désirés, et cela sans compter.
Georges-Alcès était un père pour ses compatriotes. Il fut abusé et souvent même vilipendé par certains caractères jaloux, mais comme Auguste, il avait tout appris et il voulait "tout oublier". Cet état de choses dura plusieurs années.
Il arriva toutefois un moment où il eût à souffrir d'un tel excès d'ingratitude, qu'aucun cœur sensible n'aurait pu rester indifférent. La patience avait cessé d'être une vertu, parce que la malveillance avait dépassé les bornes.
M. C.... avait ouvert un atelier et faisait concurrence à M. Georges-Alcès. Ce nouveau venu, ne trouvant pas sans doute que les affaires allaient assez vite, résolut de pousser la rivalité jusqu'à la ruine de son concurrent, comme fabricant. Il ambitionnait le patronage et le prestige dont jouissait Alcès, et dans son avidité, écartant toutes convenances, il eut recours aux moyens les plus infâmes pour arriver à ses fins.
Il commença ses opérations en embauchant les employés de son rival. Bon nombre de ces ouvriers à l'âme faible acceptèrent les offres qui leur furent faites et se mirent au service de M. C.....
Ces ingrats s'organisèrent en bandes pour prendre part aux démonstrations par lesquelles on devait poursuivre cette persécution, dont l'objectif était la destruction du commerce de M. Alcès.
Des parades ignobles défilaient devant la porte de ce dernier, et là, tous hurlaient comme des bêtes fauves ou répétaient en chœur des épithètes aussi vulgaires qu'insultantes, même des paroles de malédiction contre lui et les siens.
Inutile d'ajouter que la plupart des manifestants agissaient sous l'influence de la boisson.