Bien plus, on rapporte qu'ils allèrent jusqu'à exécuter des marches funèbres sous le balcon de M. Georges-Alcès, accentuant ainsi leur désir diabolique de faire tout le mal possible à leur bienfaiteur, à cet homme qui donnait du pain à plus de cinquante familles représentées en partie dans ces affreuses cohortes.

Dans les rangs de ces gens, M. Alcès avait reconnu des figures qui lui étaient familières, des gens qui lui devaient encore des sommes assez fortes, ou qui étaient ses obligés pour des faveurs qu'ils avaient reçues de lui.

Ce spectacle de noire ingratitude le blessa si cruellement que, le cœur navré, il résolut de se retirer des affaires pour ne plus être le témoin ni la victime de ces scènes ignominieuses et criminelles.

Quelque temps après la guerre civile, il quitta la Nouvelle-Orléans et alla se fixer à New York.

L'ingratitude a de tous temps inspiré la plus vive répulsion. Si le maire de La Riole a été condamné aux flétrissures de l'histoire, c'est parce qu'il a déposé contre ses bienfaiteurs.

Les misérables qui ont trahi, insulté et persécuté M. Alcès, leur ami, devraient nous paraître à jamais odieux; et leurs actions ne devraient être rappelées à notre mémoire que pour recevoir le châtiment de notre réprobation.

Parlons toujours de Georges-Alcès comme d'un être supérieur, d'un "homme humain", digne des éloges d'une postérité reconnaissante.

THOMY LAFON ET ARISTIDE MARY

Thomy Lafon et Aristide Mary étaient deux philanthropes bien connus et universellement estimés.

Lafon a fait ses grandes charités par testament, mais ceci n'empêche pas qu'il ait fait beaucoup de bien de son vivant.