En-dehors de ses donations particulières, dont il n'est pas possible de faire l'énumération exacte, il n'est pas une grande affaire politique qui n'ait obtenu son appui pécuniaire, s'il croyait l'entreprise faite pour la revendication des droits de l'homme en Louisiane. Par exemple, il était homme à prendre la responsabilité d'un procès et à en supporter tous les frais, de la même façon qu'il venait au secours de toute une famille en détresse qui lui faisait connaître ses besoins.
Le monde disait de Mary qu'il avait toujours "la main droite dans la poche", pour signifier qu'il ne refusait jamais de distribuer son argent aux nécessiteux, dans la mesure de ses moyens. Il donnait pour la maladie, pour la mort, pour le malheur, enfin pour toutes les circonstances qui se présentaient.
Mary nous a souvent dit qu'il faisait le bien pour l'amour du bien. Et c'était vrai. La preuve en est que, malgré les abus et l'ingratitude de ses obligés, il a continué ses généreuses prodigalités jusqu'à la fin de sa vie.
Thomy Lafon et Aristide Mary étaient deux bienfaiteurs qui méritent d'être placés à côté de Mme Bernard Couvent.
JULIEN DEJOUR
Le sujet de cet article était un homme éminemment respectable, qui s'est rendu souverainement utile par ses œuvres de charité.
Julien Déjour était né aux Cayes, Haïti, mais nous le réclamons pour l'un des nôtres, parce qu'il a été élevé par une famille louisianaise.
M. Hermogène Raphael est celui qui a amené le jeune Déjour à la Nouvelle-Orléans et qui a pris soin de lui jusqu'à l'âge de majorité.
Déjour a fait un bon usage des bontés de M. Raphael, de qui il a appris le métier de couvreur en ardoise. Il était excellent ouvrier, nombre de ses travaux sont encore là pour le démontrer. Il faisait tout avec conscience et avec art. Mais c'est surtout pour sa bonté d'âme que nous voulons le rappeler au souvenir de nos compatriotes. Par la beauté de son caractère, Julien Déjour s'était fait estimer et respecter de tout le monde. Il avait des amis dans toutes les classes de la société, tant ses qualités de cœur étaient d'un ordre supérieur. Il n'existait pas d'homme plus sensible au malheur d'autrui.
[Illustration: M. LAURENT AUGUSTE. Philanthrope, ami intime de l'hon. Thomas J. Durant, fondateur du parti républicain en Louisiane.]