Presque tous les jours de sa vie étaient marqués de quelque acte de bienfaisance. Il faisait le bien et gardait le silence, sa main gauche ignorait ce que tendait la main droite.

Cet homme généreux s'était créé une position enviable par son travail, mais à mesure qu'il gagnait de l'argent, il le donnait aux malheureux qu'il savait être dans le besoin.

Les blancs, les noirs, les jaunes, tous étaient les mêmes à ses yeux, et tous recevaient de lui des marques de compassion, des secours considérables.

Un tel homme ne devrait pas être oublié. Sa mémoire devrait éveiller chez nous un souvenir touchant. Il mérite nos regrets et nos hommages, parce qu'il a été bon jusqu'à l'innocence, humain jusqu'au sacrifice. Déjour est né en 1850, et il a quitté ce monde en l'année 1900: il avait donc exactement cinquante ans lorsque "La mort a sur son front fait tournoyer sa faux".

ALCÉE LABAT

Jamais la population créole de couleur n'a eu un homme plus aimable et plus sympathique que Alcée Labat.

Cette bonne nature partageait tous les malheurs de la famille créole dans la mortalité et dans la maladie, ainsi que dans les souffrances morales, si terribles et si multipliées dans notre centre. Sa bourse et ses services personnels étaient toujours à la disposition du public.

Labat a assisté bien des pauvres, auxquels il donnait des secours d'argent tant que ces malheureux se trouvaient dans le besoin; et il le faisait sans ostentation.

Les particuliers comme les sociétés ont souvenance de ses bienfaits. Aussi, le nom d'Alcée Labat est-il connu de tout le monde. Chacun rend justice à son caractère et à la façon généreuse dont il distribuait ses bonnes œuvres.

Alcée Labat était membre du Comité des Citoyens, et ses associés peuvent témoigner de son zèle et de ses libéralités, lorsqu'il s'agissait d'appuyer la cause commune. Labat s'est signalé surtout dans les procès que le Comité eut à soutenir contre les abus législatifs de 1890.