Il était muni de pièces authentiques, l'autorisant à faire tous les arrangements nécessaires pour dépayser les Créoles qui voulussent émigrer.
Desdunes agissait au nom de l'empereur Faustin Ier (Soulouque).
Le fait que les autorités n'ont offert aucune objection à sa mission, malgré la lettre de la loi, est une preuve de plus que cette démarche devait être agréable aux esclavagistes.
Il appert que l'empereur Soulouque, agissant sur la foi des renseignements qu'il avait reçus, avait décidé d'envoyer Emile Desdunes à la Nouvelle-Orléans pour s'enquérir de la condition et des dispositions de toutes les personnes de descendance haïtienne.
Emile Desdunes était un homme instruit, honnête, ayant beaucoup d'énergie. Comme il était né à la Nouvelle-Orléans mais qu'il était Haïtien par l'éducation et les mœurs, l'empereur Soulouque l'avait jugé capable en tous points de mener à bien ses projets.
Et en effet, Desdunes justifia toutes ses prévisions. Il était habile, sincère, et il produisit une excellente impression dès son arrivé ici.
Ayant gagné la confiance et l'estime des bonnes familles créoles, ses premières tentatives furent couronnées du plus heureux succès.
Malheureusement, les choses ne continuèrent pas comme elles avaient commencé.
La révolution du général Geffrand ayant renversé le gouvernement de l'empereur Soulouque, le pouvoir était passé en d'autres mains, et les nouveaux maîtres se montrèrent moins soucieux du sort des Louisianais. Après la chute du gouvernement impérial, le mouvement d'émigration s'arrêta.
Le colonel Desdunes se retira, et quelque temps après sa retraite, il n'y avait plus de communication entre Haïti et la Nouvelle-Orléans. Le trait d'union était brisé.