[Note 613: Ceux qui restaient étaient devenus suspects au gouvernement; ainsi, dans une lettre du 5 germinal an IV, le ministre de la police s'informait du „prêtre autrichien” Kæmmerer, et demandait en vertu de quels titres il résidait encore en France, où, „sous le masque d'un patriotisme exalté, il s'occupe d'anéantir le gouvernement”. Procès-verbaux du Corps municipal, 23 germinal (12 avril 1796).]
[Note 614: Pour apprécier l'énergie morale de Rumpler, il faut lire les lettres virulentes et gouailleuses qu'il adressait, du fond de sa prison, aux autorités départementales, pour protester contre la tyrannie de „l'adolescent d'Annecy, du mineur du Mont-Blanc”. Le courage assurément ne lui faisait pas défaut. (Actes d'un bon apôtre, Strasb., Dannbach et Gay, dix cahiers divers, p. 454-495.)]
[Note 615: Ils n'étaient que quarante-sept.]
La municipalité se voyait fort embarrassée, car, au point de vue légal, sinon en équité, la Cathédrale était vacante. Il ne s'était pas présenté, on le sait, un seul prêtre pour prêter le serment préalable, exigé de tous les ministres d'un culte, et les pétitionnaires pouvaient prétendre, avec assez de logique, qu'en l'absence d'un célébrant, toute cérémonie religieuse était impossible, et que le culte catholique ne se comprenait pas sans un sacerdoce. Mais la municipalité ne songeait pas à expulser du sanctuaire les préposés de la congrégation catholique, qui venaient d'être renouvelés par le suffrage des électeurs[616]. Elle déclara donc aux pétitionnaires qu'elle ne serait dans l'obligation d'accorder l'usage commun d'un même édifice à des citoyens exerçant des cultes différents ou prétendus tels, que si cet édifice était le seul dont on put disposer, et sur la demande qui lui en serait faite, de part et d'autre, par les intéressés. „Considérant que l'édifice connu sous la dénomination de l'Eglise cathédrale a été réclamée, en vertu de la loi, par un grand nombre de citoyens pour l'exercice du culte dit catholique-apostolique-romain, et qu'il a été remis à leur usage,… que ces citoyens sont encore aujourd'hui en possession de cet édifice, où ils continuent d'exercer le culte qu'ils ont adopté et qui paraît différer de celui qui convient aux pétitionnaires,… que c'est sur l'assurance légale d'y être maintenus, qu'ils ont fait les dépenses nécessitées par la nouvelle destination de l'édifice,…” le Conseil finit par „estimer qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur la pétition susdite”. Il invite seulement l'administration départementale à fournir aux impétrants l'une des autres églises catholiques placées sous séquestre[617].
[Note 616: Procès-verbaux du Corps municipal, 17 germinal (6 avril 1796).]
[Note 617: Corps municipal, procès-verbaux manuscrits, 23 germinal (12 avril 1796).]
Le 8 floréal (27 avril), le Département accorde en effet aux constitutionnels l'église de Saint-Louis, qu'on prend aux catholiques-romains. Ceux-ci réclamèrent sans doute, car, le 20 du même mois (9 mai), on transférait les pétitionnaires de Saint-Louis à Saint-Pierre-le-Vieux[618]. Ce local ne suffit pas à la longue; le 24 mai treize citoyens demandèrent encore Saint-Pierre-le-Jeune pour y célébrer un culte constitutionnel et cette demande dut être accordée[619]. Comment finit-on par établir une espèce d'alternative dans le principal sanctuaire de la cité? C'est ce que nous ne saurions dire, malgré nos recherches; cependant la chose elle-même ne semble pas douteuse, puisque le Journal de la confrérie marianique mentionne, à la date du 3 juillet 1796, un „culte latin”, célébré par un prêtre constitutionnel, dans le chœur de la Cathédrale[620].
[Note 618: Procès-verbaux manuscrits, 23 floréal (12 mai 1796).]
[Note 619: Corps municipal, procès-verbaux du 2 prairial (21 mai 1796).]
[Note 620: Kath. Kirchen—und Schulblatt, 1855, p. 132.]