[Note 99: On comptait alors dans la ville même 35,000 catholiques contre 20,000 protestants, dans les villages du district, 36,240 catholiques contre 18,520 protestants. Il y avait de plus 2830 israélites. Affiches de Strasbourg, 9 avril 1791.]

[Note 100: Verbal Prozess der Wahlversammlung der Wahlmänner u. s. w. vom 8. Mai 1791. S. 1. 14 p. 8°.]

[Note 101: Voy. le numéro du Pol. Lit. Kurier, 14 avril 1791. Cette pièce émanant de quelques curés, vicaires et religieux de Dannemarie, Altkirch, Hagenbach, etc., écrite dans un allemand inouï, était adressée: „An Herren Zeitungsschreiber Augsburgiseher Profession zu Strassburg.”]

[Note 102: Strassb. Zeitung, 16 mai 1791.]

On comprend d'ailleurs que l'enthousiasme fût médiocre et le désir d'exercer l'apostolat de „la religion nouvelle” au sein de nos populations rurales peu répandu. On avait fait circuler sur le compte des prêtres assermentés de tels mensonges[103] que, dans certaines communes au moins, leur vie n'était pas en sûreté. C'est ainsi que le nouveau curé de Bischheim, l'abbé Gelin, dénonçait deux paysans de Suffel-Weyersheim comme ayant voulu le tuer dans la nuit du 12 au 13 mai; mais comme le seul témoin à charge était la sœur de Gelin et qu'ils protestèrent de leur innocence, le tribunal du district les acquitta quelques jours plus tard, bien que leur apparition nocturne au presbytère dût paraître bien étrange[104]. Les journaux tout spécialement fondés pour éclairer les paysans n'étaient pas lus par eux, et certains d'entre eux, au moins, comme le journal allemand: Le Franc, feuille patriotique populaire alsacienne, n'étaient pas rédigés de manière à pouvoir être compris par les masses, peu accessibles aux déductions abstraites et aux raisonnements philosophiques[105]. Elles voyaient mettre aux enchères les biens de l'Eglise, vendre au plus offrant le mobilier de leur évêque, ses tapisseries de haute-lisse, ses somptueuses porcelaines de Chine et ses urnes du Japon[106], elles entendaient leurs conducteurs spirituels maudire les persécuteurs et les vouer aux tourments éternels; cela faisait sur elle une toute autre impression que la lecture d'une dissertation sur les droits de l'homme et du citoyen.

[Note 103: Le 10 mai, le vicaire épiscopal Taffin, le futur juge au tribunal révolutionnaire, sortait de la Cathédrale après avoir dit la messe, quand un paysan l'arrête et le prie de lui dire la formule du serment civique. Un peu étonné, Taffin satisfait à son désir et le paysan de s'en aller, l'air tout joyeux.—Pourquoi me demandez-vous cela? dit l'ex-chanoine messin.

—„Notre curé nous a dit qu'en le prêtant on abjurait la Sainte-Vierge, le pape et toute l'Eglise catholique. Mais je vois bien maintenant qu'il a menti. Nous le chasserons.” Malheureusement ces paysans à l'esprit investigateur étaient fort rares. Strassb. Zeitung, 17 mai 1791.]

[Note 104: Strassb. Zeitung, 16 mai, 6 juin 1791.]

[Note 105: Dev Franke, ein patriotisches Volksblatt, commença à paraître en mars 1791. mais ne vécut pas très longtemps.]

[Note 106: Affiches, 16 mai 1791.]