Folla ne se rappelait plus que, l'hiver dernier, elle avait eu deux gros rhumes qui l'avaient retenue bien des jours à la maison; mais jamais Juliette n'avait sacrifié pour elle la moindre promenade, le plus petit plaisir.

La pauvre victime eut cependant une compensation à son infortune.

Mme Milane força la convalescente à sommeiller un peu l'après- midi pour remplacer sa nuit blanche, et M. Milane emmena Folla gambader une heure dans la campagne.

Ils n'allèrent pas du côté de la mer, et, afin de lire commodément son journal, le grand-père s'assit au pied d'un arbre, sans s'inquiéter de sa petite-fille adoptive, qui courait comme une jeune poulain.

Au milieu de ses ébats elle aperçut un brave paysan qu'elle connaissait pour l'avoir vu apporter quelques fruits à la maison qu'avait louée Mme Milane pour la saison.

"Bonjour, père Limousin! cria Folla de sa petite voix douce.
Vous ramassez de l'herbe pour vos lapins?

Oui, mam'zelle Sophie. Ca va bien?

Oui, merci.

Et votre sur, la petite demoiselle blonde, elle n'est pas avec vous? (Il croyait Juliette la sur de Sophie.)

Oh! non, elle est malade.