Cette chambre renfermait à la fois le four à pain, le petit poêle où cuisait le dîner, une table, un banc, quelques chaises, deux armoires et un lit aux rideaux de serge.
Dans un coin, quelques poules se blottissaient dans deux corbeilles chaudement couvertes.
Un chat maigre ronronnait sur le banc; les meubles étaient en ordre, le sol propre, sauf quelques brindilles de bois que le bonhomme n'avait pas eu le temps de ramasser; contre le mur, blanchi à la chaux, pendaient deux filets de pêche, et devant la croisée ouverte s'étendait la toile métallique qui, dans les maisons les plus pauvres du Midi, défend des insectes qui voudraient s'abriter à l'intérieur.
A côté, en dehors, l'étable à pourceaux, un rucher d'abeilles et une petite grange, puis le jardinet bien soigné.
"Bonsoir, madame Limousin! je viens vous voir," dit très doucement Folla en entrant.
Et elle ouvrit de grands yeux effrayés à l'aspect de ce squelette de vieille femme allongé sous les draps de toile bise; les bras, absolument décharnés, sortaient du lit, et la tête maigre, étroite, aux tempes enfoncées, aux yeux caves, faisait un trou dans l'oreiller recouvert d'une taie de couleur.
"Vous êtes bien gentille, ma petite demoiselle, de visiter comme ça une pauvre vieille qui s'en va, même que vous ne me connaissez que pour m'avoir vue les quelques fois que j'ai porté du poisson chez vous. Ca fait du bien d'apercevoir un jeune visage.
Est-ce que vous souffrez beaucoup?
Beaucoup; c'est la fièvre qui me mange; je l'ons toujours, toujours. Je ne dormons plus ni le jour ni la nuit.
Mangez-vous un peu?