Un nouveau grondement larrêta. Alors il ouvrit la porte de la cabane, et, montrant le chemin à la louve:
"En chasse, toi, il ny a rien à souper."
La louve obéit après avoir passé sa grande langue rose sur le petit bras nu de lenfant.
Alors celle-ci frémit en se voyant face à face avec lhomme qui la meurtrissait de coups chaque jour, et privée de lunique défenseur que le ciel lui eût accordé.
Comme pour adoucir le misérable qui la regardait avec colère et mépris elle sempressa de dire:
" Jai lavé le linge, nettoyé la vaisselle, balayé la maison, recousu le matelas, fait cuire la soupe, aidé Rose…
" Et tu tes amusée ensuite, naturellement, fainéante, propre à rien.
" Je nen ai pas eu le temps, murmura la petite fille.
" Je ne te crois pas, tu nouvres la bouche que pour dire des mensonges."
Lenfant redressa sa taille exiguë, et indignée: