" Je ne mens jamais."

Lhomme se retourna:

" Te tairas-tu, tonnerre du diable! Je crois, ma parole, que ça se permet de raisonner. Et que fais-tu là à me regarder avec tes grands yeux idiots.

" Jattends que vous me disiez ce que je dois faire.

" Ce que tu dois faire? je te le dirai tout à lheure; pour le moment ôte-moi mes bottes; je suis fatigué et elles sont toutes mouillées. Allons, tire."

Le colosse se laissa tomber sur lunique chaise du logis, qui craqua sous son poids, et lair goguenard, la pipe aux dents et les bras croisés, tendit ses deux jambes à "la Moucheronne."

La Moucheronne sagenouilla sur le sol nu et se mit en devoir de tirer les bottes; mais, quelques efforts quelle fît, elle ne put; ses petits doigts navaient pas la vigueur nécessaire pour ce rude travail, ses ongles séraflaient sur le cuir maculé de boue et ses bras menus sépuisaient.

Elle y mettait pourtant toute la bonne volonté possible; la sueur ruisselait sur sa figure, collant ses cheveux aux tempes, et ses dents blanches senfonçaient dans sa lèvre rouge tandis que sa petite poitrine haletait.

" Je ne peux pas, murmura-t-elle timidement après quelques minutes dessais infructueux.

" Ah! tu ne peux pas? Ote-moi mes bottes, dit tranquillement lhomme sans enlever sa pipe de ses lèvres lippues."