Cette gravité se retrouvait au fond de ses yeux bleus, dans son sourire; nul nen savait la cause. Sa belle-mère elle-même lavait à peine remarqué.
Elle aimait beaucoup son beau-fils, mais elle le voyait trop rarement pour se demander doù pouvait lui venir cette tristesse douce mais immuable.
Quant à Valérie, très fière lorsquelle donnait le bras à cet officier de belle prestance, elle adorait son frère surtout quand il lui apportait des bonbons de Boissier ou la conduisait à lHippodrome, à Paris; et elle le croyait très heureux.
Seule, Marie avait su deviner que, pour lui aussi, le destin sétait montré dur; elle avait vu ce qui échappait à la perspicacité des autres et elle avait prié Dieu tout bas de lui adoucir sa peine.
Le lendemain de son retour au régiment, le jeune de Cergnes télégraphia au château demandant quon lui renvoyât une bague dopale quil avait oubliée dans une coupe donyx sur la cheminée de sa chambre: Cétait celle de sa mère et il ne sen séparait jamais.
La bague ne fut pas retrouvée et Mme de Cergnes sen émut, car jusqu'à présent, aucun vol navait été commis parmi les domestiques.
" Bah! dit Valérie, je lui donnerai une autre bague pour sa fête. Tant pis pour lui; il navait quà être plus soigneux.
" Cétait celle de sa mère, insinua doucement Marie. Aussi, comment a-t-on pu la lui dérober? les voleurs ne peuvent trop sintroduire ici; le château est bien fermé.
" Ah! ah! ricana une voix aigre; comment la bague a pu être dérobée? Cest elle qui le demande."
Valérie séloignait en chantonnant, sans avoir entendu cette réflexion vipérine lancée par Mlle Sophie qui passait dans le corridor.