Et maintenant, elle était au cinquième jour, la Moucheronne; épuisée par la fièvre et par la faim, elle demeurait moitié évanouie, aussi immobile quune petite statue de bronze, les bras passés autour du cou de la louve.

Cet état nétait pas encore la mort, mais cétait à peine la vie.

La louve avait faim, elle aussi, et elle avait froid, mais elle ne remuait pas, de peur déveiller sa nourrissonne; et elle nallait pas à la chasse. Elle seule en aurait profité dailleurs, il ny avait pas de feu dans la cabane.

Vers le milieu du jour, la neige craqua sous un pas ferme et vif. Peu après, la porte de la masure souvrir, laissant entrer un amas de neige.

Alors, parut sur le seuil un jeune homme de haute taille vêtu dun ample manteau de fourrure.

La louve releva la tête; sans doute, elle reconnut le visiteur, car elle remua la queue et ses prunelles brillèrent dans lombre.

Larrivant aperçut auprès de la bête le corps dune fillette; il se baissa, et ses yeux bleus semplirent dune pitié profonde.

"Marie, ma pauvre enfant! murmura-t-il très doucement."

Mais les paupières de la Moucheronne demeuraient fermées et leurs longs cils ombraient sa joue livide.

"Mon Dieu! si elle était morte?… sécria malgré lui le jeune homme."