La Moucheronne creusa un trou dans la terre et y déposa
Moucheron.

Nounou laccompagnait et lui léchait les mains comme pour lui demander pardon du crime de lautre.

Ce matin-là, le vent sauta brusquement au midi et la température sadoucit sensiblement.

Favier dormait toujours, il pouvait dormir ainsi jusqu'à une ou deux heures de laprès-midi.

Le sommeil de lhomme juste nest pas toujours paisible comme on le dit; en revanche celui du méchant est souvent calme et reposant.

Tout était paix et silence dans le bois dépouillé.

"On doit être très heureux quand on est mort" se dit la Moucheronne en se dirigeant comme machinalement vers un coin de la forêt quelle affectionnait particulièrement; un coin qui devenait ombreux et mystérieux aux beaux jours, plein de chaleur parfumée, où la fillette venait travailler pendant les heures brûlantes de lété.

Elle sy assit, oubliant sa tâche quotidienne, et songeant, Nounou à ses pieds; elle avait toujours ce tableau devant les yeux: son petit chat gisant à terre, la tête fracassée. Lorsquelle eut ainsi rêvé, elle se leva, secoua ses cheveux en broussailles, étira ses petits bras maigres, engourdis par le froid, et se dirigea vers le trou.

Le trou était une sorte de mare peu profonde, sauf un endroit, aux eaux noires et stagnantes.

Elle se pencha au-dessus, tandis que Nounou la regardait dun air inquiet.