Elle lavait vue pourtant, la mort, et savait ce que cétait.

Elle avait assisté à mainte agonie doiseaux broyés par lorage ou de lapins atteints par le plomb du braconnier.

Elle savait que cest un instant de souffrance, suivi du repos et de limmobilité absolue.

Elle ne savait rien de plus et navait aucune idée de la vie qui doit succéder à celle dici-bas.

Mais elle guérit; la jeunesse et surtout la jeunesse aguerrie à la rude école de la misère et des intempéries, a des ressorts dune puissance incompréhensible.

La Moucheronne se releva, toujours vaillante, et reprit, un peu plus pâle seulement, ses travaux de chaque jour.

CHAPITRE XI

NOUNOU TRAQUEE.

Nounou est inquiète ce matin-là, très inquiète; elle dresse loreille à tous moments et gronde sans raison apparente, allant à la porte close comme pour y flairer un ennemi invisible.

"Allons, louve du diable! en chasse!" lui cria Favier, dont le garde-manger était vide, et qui trouvait plus commode de le faire remplir par Nounou que daller lui-même sapprovisionner au village voisin.