" Quas-tu donc, petite? dit le marquis à la fillette. Est- ce que tu vas tattendrir, maintenant, sur les souffrances dun animal que nous avons blessé en chassant."
Elle releva la tête, indignée, et la colère fit flamboyer ses grands yeux débordants de pleurs.
"Vous!… cest vous qui avez tué Nounou?
" Nounou?… cest… cétait elle?…
" Je vous ai dit tout à lheure que je la cherchais. A présent je la retrouve mourante: si cest votre faute, comme vous dites, vous êtes des méchants et je vous déteste.
" Mais, fillette, firent-ils consternés devant ce chagrin réel, nous ne pouvions pas deviner que cette bête te touchât de si près.
" Elle ne vous avait pourtant jamais fait de mal, ma pauvre
Nounou, pourquoi lui en avez-vous fait?"
Ils ne savaient trop que répondre et essayèrent de lui donner quelques consolations banales, mais la Moucheronne ne les écoutait pas et couvrait de caresses le corps de la pauvre louve.
Tout à coup, les yeux vitrés de celle-ci reprirent vie et elle souleva languissamment sa tête alourdie pour regarder sa petite amie dont elle entendait la voix désolée.
" Elle nest peut-être pas grièvement blessée, hasarda lun des jeunes gens; si nous connaissions un moyen de la soulager…