" Favier, pardonnez-moi, murmura-t-elle."
Mais elle ne sut jamais si son bourreau, devenu tout à coup sa victime, avait levé sur elle un dernier regard de pardon ou de haine.
Le braconnier ne vivait plus.
Toute la nuit, la pauvre petite demeura, pâle et glacée, assise au bord du ruisseau, sa petite main sur la croupe maigre de la louve, regardant de ses yeux épouvantés, le cadavre de lhomme et les ruines fumantes de la cabane.
De temps à autre une chouette attirée là par la lueur de lincendie, effleurait, en volant, les cheveux noirs de lenfant. Alors elle frissonnait et se serrait davantage contre Nounou.
Enfin, cette nuit terrible eut un terme; laube parut; alors, détournant les yeux de ce spectacle de mort et de désolation, la Moucheronne senfuit, et senfonça dans le bois encore sombre suivie de la louve.
CHAPITRE XIV
LOR MAUDIT.
Manon dormait profondément; elle avait veillé tard la veille en causant avec son gars qui étai reparti avant le lever du soleil.
Elle ne séveilla même pas quand la porte souvrit doucement et quune forme svelte et mignonne entra dans la cabane.