Depuis longtemps le soleil était couché; nul nassistait à cette sombre besogne accomplie par une enfant qui avait sucé la férocité avec le lait de la louve.
Dans cette nuit sinistre, un cri épouvantable séleva avec la flamme rouge: Favier comprenait toute lhorreur de la mort quil allait subir.
On entendit un crépitement, des plaintes étouffées;… puis, plus rien: cette masure flambait comme un paquet dallumettes.
Au-dehors la louve hurlait lamentablement, et la Moucheronne, debout sous les arbres éclairés dun reflet sanglant, demeurait immobile et muette, frappée dépouvante.
Le remords entrait dans son âme; lincendie est chose terrible et mourir dans les flammes est une fin tragique.
A présent quelle avait sous les yeux ce spectacle, à la fois grandiose et terrifiant, elle comprenait quelle avait fait un action horrible.
Mais comment réparer le mal? Comment éteindre le feu; avec quoi jeter leau du ruisseau sur ce brasier incandescent?
La Moucheronne eût donné beaucoup pour savoir Favier sain et sauf bien loin de la forêt. Mais encore une fois, il était trop tard.
Tout à coup, ô terreur, une espèce de géant tout noir, râlant, sortit en rampant de la cabane embrasée, et vint rouler et saffaisser aux pieds de lenfant muette dhorreur.
Cétait Favier qui, dans un effort désespéré, avait réussi à rompre ses liens; mais il agonisait. Ses chairs calcinées exhalaient une odeur insupportable. Surmontant sa répugnance, lenfant se baissa.