Elle essaya ensuite de deviner les mots qui y étaient inscrits; puis, impuissante, elle soupira:

" Je ne saurai donc jamais ce quil y a là?

" Donne, dit alors Manon en remettant le précieux papier dans le coffret de fer, il faut garder cela soigneusement; cela fait partie de ton héritage.

" Je conserverai la lettre, fit la Moucheronne en relevant la tête, mais pas lor; cest pour le voler quon a tué mon père; cest le bien de Favier, cest chose maudite; encore une fois je nen veux point.

" Quil soit donc fait selon ton désir, répliqua Manon en serrant la boîte sous son bras."

Et, silencieuses, elles retournèrent au logis que lenfant et la louve ne devaient plus quitter désormais.

CHAPITRE XV

CE QUE NOUNOU TROUVA DANS LA FORET.

La Moucheronne demeura donc avec Manon; la pauvre vieille saffaiblissait de jour en jour et les services de sa protégée lui devenaient absolument nécessaires.

Jamais lancienne souffre-douleur de Favier ne sétait trouvée aussi heureuse; la vie lui semblait presque chose douce et elle travaillait, le cur content, sûre maintenant de faire plaisir à sa vieille amie et davoir en retour une caresse ou une bonne parole.