Robert, au fait, comment n'était-il pas là à pleurer et à prier au pied de mon lit funèbre?

L'oublieux! L'indifférent!

Son absence m'offusqua et je lui en voulus beaucoup… Je lui en veux encore à l'heure qu'il est.

Ne manquait-il pas à tous ses devoirs?

Mon oncle, lui, pouvait avoir affaire ailleurs; mes tantes aussi, appelées au dehors par les amis à recevoir, les ordres à donner relativement à mes funérailles; mais Jeanne et Blanche égrenaient leur chapelet auprès de moi et Gui ne quittait pas mon chevet où il se lamentait tout haut.

Que faisait donc Robert?

Peu à peu, un grand silence se fit dans la pièce; sans doute, on m'avait assez pleurée, on respirait un brin. Je profitai de ce répit pour réciter un psaume pour le repos de ma pauvre âme, m'étonnant toujours de demeurer entre ciel et terre sans m'arrêter nulle part, ni apercevoir l'ombre même d'un juge.

Soudain un pas, dans le lointain de la maison, fit gémir l'escalier.

Comme j'avais l'ouïe fine, alors!

— Voilà enfin Robert! pensai-je.