Et lui, à cette phrase:
— "Mademoiselle Odette d'Héristel, de Paris, que nous avons le bonheur de posséder depuis quelque temps…"
— Bien! la fameuse petite cousine qui détenait, en toute confiance, la somme à laquelle j'avais droit et que j'ai enfin maintenant! Quelle tête vais-je faire, mon Dieu?
Il fit une tête fort naturelle, par la raison qu'Odette n'aimant pas les situations ambiguës, s'était bien vite écriée en tendant les mains à son ennemi:
— Je sais que nous avons eu maille à partir ensemble, monsieur, de loin il est vrai; mais puisque tout est fini… pour votre plus grande gloire, faisons la paix; ce sera facile quant à ce qui me concerne, car je ne vous en ai jamais voulu et je suis sans fiel.
— Vraiment? s'exclama M. Garderenne qui n'en croyait pas ses oreilles.
— Je n'exprime jamais que des sentiments que je ressens, répondit
Odette avec dignité.
— Mais alors, je suis confus… je regrette… j'aurais voulu… si j'avais su…
— Ne regrettez rien du tout, monsieur, conclut la jeune fille; sans vous en douter, vous m'avez probablement rendu un très grand service.
— Moi? fit le quinquagénaire en écarquillant les yeux.