— Dame! M. de Merkar, qui nous remplaçait auprès de toi, avait bien le droit de nous mettre au courant…

— Eh bien! oui, répliqua Odette très vite et comme pour se débarrasser d'un interrogatoire déplaisant; j'ai été demandée, en effet, par un monsieur très riche…

— Qui pourrait être ton père. Et ne le pouvant pas, poursuivit M.
Samozane, il se contente d'être ton cousin.

— Vraiment? fit encore Robert en tordant sa moustache fauve. Quel peut-il être?

— Tu ne devines pas? M. Garderenne…

— Ah! celui qui… s'écria Guillaume.

— Oui, celui qui a dépouillé notre Nénette d'une fortune. Fortune qui, en définitive, lui revenait.

— Il a un fier toupet! gronda le fils cadet des Samozane.

— Mon Dieu! non, il a trouvé Odette à son goût et, pour lui, c'était une manière fort agréable de lui rendre son bien en l'épousant.

— Et tu n'as pas voulu de lui? Oh! Nénette, que je t'aime pour cela! dit le jeune fou en déposant un baiser retentissant sur la main de sa cousine.