Debout, très pâle, il tendait les bras à la jolie revenante qui s'y était blottie, contente de le revoir, contente de revivre, quoique un peu faible encore.
Une grande, une intense émotion faisait battre, à coups précipités, ce coeur contre lequel se pressait la ressuscitée; et, tout bas, Robert remerciait Dieu qui lui rendait sa petite amie.
Soudain, Odette s'arracha des bras qui l'enserraient et, regardant son grand cousin avec une surprise nuancée de malice:
— Comme tu as l'air troublé!… Et tes yeux sont mouillés! Toi,
Robert, toi!…
— Dame! on te croyait morte…
— Et l'on me pleurait! Que c'est gentil! J'en vaux donc la peine! Si tu savais comme cela me fait plaisir!
— Pourquoi?
— Si tu avais été mort, seulement pendant cinq ou six heures, tu saurais qu'on prend de l'expérience en cette… absence, et que cela vous vieillit.
— Pas physiquement, au moins, dit Robert en souriant; tu as toujours ta gentille petite frimousse mutine.
— Ah! oui, parlons-en: elle doit être jolie, ma tête… Mais, cela s'arrangera. Je vais te faire un aveu, Robert: je meurs de faim.