Elle les avait bien entendus, ces propos, tendres et désolés pour la plupart, mais elle n'avait pu voir la mimique sincèrement navrée qui les accompagnait.
Mon Dieu! oui, le tuteur un peu maniaque avait bien murmuré:
— J'avais toujours dit que celle petite n'était pas comme les autres.
Mais, en prononçant ces mots, il avait l'oeil humide et la voix chevrotante.
Mme Samozane avait dit, en effet:
— Elle nous en a fait voir de dures, la pauvre enfant, que le bon Dieu lui pardonne!
Mais quoi de plus vrai? cette idée venait simplement à l'esprit de l'excellente femme dont "la trépassée" n'apercevait pas le visage bouleversé.
De même pour tante Bertrande, bien meilleure dans le fond que ne le comportait son apparence bourrue.
Un peu insignifiantes, les demoiselles Samozane se sentaient réellement navrées de perdre leur cousine qui les taquinait souvent, mais que leur coeur étroit et superficiel n'eût guère plus aimée si elle eût été leur soeur.
Jeanne avait eu cette exclamation, malheureuse il est vrai, et naïve dans sa reconnaissance anticipée: