Il arriva un moment où Robert fut obligé de descendre devant un atelier de charronnage pour y faire une commission qu'il ne pouvait confier à personne.

Un peu inquiet, il avait dit à sa compagne:

— Tiens les rênes, Odette, un peu fermes; la bête s'est montrée docile jusqu'ici, mais je ne m'y fie qu'à moitié. Du reste, j'en ai pour une seconde.

— Oh! tu sais, ne te presse pas, je n'ai pas peur, avait répliqué la jeune fille.

Mais, Samozane avait raison de se méfier.

D'abord, se sentant guidé par une main virile, le jeune cheval s'était conduit d'une manière exemplaire; quand il ne se vit plus retenu que par les doigts frêles d'une fillette, il osa se montrer indépendant et rageur.

— Ho! ho! Doucement, doucement, faisait Odette, mais sans succès.

Puis, voyant reparaître son cousin sous la vaste porte du charron, elle voulut faire preuve d'adresse et de vigueur et asséna un léger coup du manche du fouet sur le rebord de la voiture.

Le bruit suffit pour affoler l'animal qui partit à fond de train, avant même que Samozane pût crier:

— Pour Dieu! Odette, ne le taquine pas; me voici!