Vous pouvez entendre ce que je vais dire, mon cousin; vous connaissez mon oncle Simiès, et cest grâce à vous que jai pensé à la seule famille à laquelle je pouvais demander asile.

Il se rassit et elle poursuivit, tandis quune émotion contenue faisait trembler sa voix:

Il y a huit jours, jétais encore bien heureuse et insouciante dans la vie. En peu dheures cela a changé par le subit caprice de mon tuteur.

Quy a-t-il donc eu entre vous? peut-être le mal nest-il pas sans remède? Vous avez été sans doute trop prompts tous les deux? Peut-être votre oncle regrette-t-il à lheure quil est une sévérité…

Gilberte secoua la tête:

Non, ma tante, ne croyez pas cela. Il ne me pardonnera jamais davoir désobéi à ses ordres, de lui avoir résisté formellement et de préférer être à jamais bannie de chez lui que daccéder à son désir.

Et quexigeait-il donc que vous ne pussiez satisfaire?

Une faible rougeur monta aux joues de Gilberte.

Il voulait me faire épouser un homme que jestime pas.

Il y eut un instant de silence: Mme Daltier semblait soulagée dun grand poids. Albéric examinait attentivement sa cousine.