Pendant cette réclusion forcée, Gilberte fut à même dapprécier, dabord lexquise bonté de sa tante qui la soigna avec une sollicitude touchante, puis le dévoûment de ses gentilles cousines qui se privèrent de promenades et de plaisirs pour lui tenir compagnie.

Albéric seul demeurait un peu froid; il serrait la main de Gilberte soir et matin, senquérait avec soin de sa santé, mais ne semblait pas, comme les autres, prendre à tâche de consoler la pauvre exilée.

La santé revint vite à celle-ci; elle retrouva ses fraîches couleurs et sa gaîté, mais non plus cette gaîté mordante et sceptique quelle avait chez M. Simiès.

VIII

Il y a plus de six mois que Mlle Mauduit fait pour ainsi dire partie de la famille Daltier. Ce nest plus la jeune fille athée, railleuse et frivole qua élevée M. Simiès.

Gilberte est croyante, Gilberte est presque fervente; le miracle sest opéré doucement, lentement, dans ce milieu adorablement bon et pur.

Le deuxième dimanche après son arrivée à Marseille, Gilberte vit entrer chez elle ses cousines prêtes à partir pour la messe.

Tu nes pas habillée? Nous tavions bien dit que loffice est à dix heures. Dépêche-toi.

Je sais bien, mais…

Et devant le regard candidement étonné des fillettes, Gilberte, rouge et confuse, a pris son chapeau, ne voulant pas être pour elles un sujet de scandale.