Non, je naime pas mon oncle, disait Gilberte en secouant sa tête blonde avec mélancolie.

Pourquoi? demanda à son tour Lazare en frottant énergiquement son argenterie tandis que la petite fille le regardait faire avec distraction.

Parce que… parce que… je ne sais pas; il est si différent de mon pauvre papa.

Il est cependant bon pour vous quelquefois, à sa manière.

Oui, à sa manière, répéta Gilberte.

Est-ce quil vous fait peur? demanda Lazare en secouant sa peau de chamois.

Gilberte allongea ses lèvres roses:

Non, sauf quand il se met en colère. Papa se fâchait quelquefois, lui aussi, mais sans crier comme mon oncle. Et puis mon oncle il dit des choses, des choses enfin qui sont tout le contraire de ce que disait maman.

En fait de religion sans doute?

Oui, en fait de religion. Est-ce que vous pensez comme mon oncle, vous, Lazare?