En apercevant son valet de chambre, il lapostropha rudement:
Allons, maraud, tête de buse, animal, on ne veut donc pas que je déjeune ce matin?
Monsieur avait recommandé que son choc…
Butor! vas-tu raisonner? apporte-moi ça et plus vite.
Tout tremblant, Lazare obéit.
Lorsque Simiès eut avalé une gorgée du liquide fumant, il sécria avec un redoublement de fureur:
Triple brute, à présent tu veux mébouillanter! Ne pouvais-tu mavertir que le chocolat sortait du feu? Assassin, va! Jai la peau de la langue enlevée; vous lavez fait exprès; vous voulez ma mort, vous autres idiots. Tiens!
Et, dun geste violent, Simiès envoya rouler la tasse et son contenu sur le tapis, entre les jambes de linfortuné Lazare qui se mit à hurler de douleur.
Cela fit rire Simiès et Lazare se calma; au fond il savait que les boutades de ce maître exigeant ne duraient pas et quil fallait les supporter; il y avait tant de petits profits à ramasser dans cette maison de célibataire riche! ceût été folie de la quitter.
Tu vas nettoyer le tapis, reprit M. Simiès en indiquant la
tache noirâtre étalée sur la moquette rouge.