JEAN (interrompant).—... Ici, quelques applaudissements; surtout les Suédois, les Danois, les Russes. Alors le président a pris la parole, il a résumé les débats...

Zoeger, les sourcils froncés, ponctue d'un signe d'assentiment chaque membre de phrase.

JEAN.—... Il a expliqué que tu venais d'être subitement immobilisé par une crise hépathique; puis il a donné lecture du mot où tu me désignais pour parler demain à ta place, et la proposition a passé, à l'unanimité.

ZOEGER.—Woldsmuth t'a communiqué les chiffres exacts?

JEAN.—Oui. Et j'ai prévenu Backerston que je ne siégerais pas à la commission des réformes.

Zoeger approuve de la tête.

Breil-Zoeger: la trentaine.

Né à Nancy, de parents alsaciens. Mais, dans la coupe du visage, quelque chose de japonais, qu'accentue sa maladie de foie: un teint jaune, un masque élargi aux pommettes, des sourcils bridés, une moustache maigre et tombante, un menton pointu.

L'arcade sourcillière est très saillante: au fond des orbites, les prunelles, toujours dilatées, d'un noir luisant et dur, ont une expression fiévreuse, aigüe, aride, qui contraste avec la douceur générale des traits.

La voix est monotone, sans timbre, agréable au premier abord,—mais d'une implacable sécheresse.