Au Palais, secrétaire de Fauquet-Talon, avocat politique intègre et énergique, deux fois ministre.

BAROIS (présentant).—Portal... Notre ami Roll...

Roll salue d'un mouvement gauche.

Depuis qu'il s'est assis, il n'a pas dit un mot. Il fixe alternativement celui qui parle. L'attitude, la physionomie, trahissent l'effort d'une intelligence moyenne, tendue à la limite de ce qu'elle peut, et s'y cramponnant.

BAROIS (affectueusement).—Eh bien, Roll, que pensez-vous de nos projets?

Il pâlit d'un coup, comme s'il avait été outragé. Puis il rougit, décroise les jambes, et se penche en avant, pour parler. Mais il ne dit rien... Et, brusquement, il se décide.

ROLL.—A l'atelier, on en voit des revues! Tous les ans, des nouvelles! Mais pas encore comme la vôtre.

CRESTEIL.—Tant mieux.

ROLL (hésitant).—Des revues pour des amateurs, des revues qui ne s'occupent d'aucun problème... (Sur un ton indéfinissable:) Des dilettantes... Il manque une revue qui soit au courant du grand mouvement social... (Une pause, puis un geste massif.) Enfin, quoi, des hommes qui comprennent c' qui s' prépare...

Cresteil, déclamatoire et farouche, fait un pas en avant.