CRESTEIL.—... tous les croyants sans église...
WOLDSMUTH (timidement).—... les pacifistes...
BAROIS.—En un mot, tous les généreux. Voilà notre clientèle. (S'enflammant.) Il y a vraiment un grand rôle à jouer. Coordonner ces forces qui souvent se perdent, les canaliser dans la même direction. Un beau programme!
ZOEGER.—Nous devons le réaliser, simplement, par la diffusion de notre pensée.
BAROIS.—Et par l'exemple d'une sincérité absolue.
PORTAL (souriant).—Ça, c'est quelquefois dangereux...
BAROIS.—Oh que non! Je crois à la contagion de la franchise...
Examiner tous les problèmes, ouvertement.
Ainsi, pour ma part, je pense, avec les réactionnaires, que nous traversons une crise morale. Eh bien, je suis résolu à l'avouer tout de suite. Je suis prêt à reconnaître que la morale a chancelé. C'est un fait. Je l'attribue, pour la masse, à l'anémie générale des croyances religieuses,—et pour nous, à la défaveur, au discrédit des principes abstraits que jadis nos professeurs de métaphysique nous offraient arbitrairement comme autant d'axiomes.
(A Zoeger). Tu sais, ce que nous disions l'autre jour...