Il se lève et emmène Breil-Zoeger au fond de la pièce.

BAROIS (baissant la voix; affectueusement).—C'est au sujet de ton étude sur le «Déterminisme vital»... Excellent d'ailleurs; je crois que tu n'as rien écrit de plus plein et de plus sobre. J'ai commis l'indiscrétion d'en lire une partie à Luce, hier soir; j'avais tes épreuves dans ma poche... Il a trouvé ça très fort.

ZOEGER (satisfait).—Tu lui as lu le passage sur Pasteur?

BAROIS.—Non. Et justement je voulais t'en parler avant que tu ne fasses tes corrections...

Zoeger fronce les sourcils.

BAROIS (un peu gêné).—Franchement, je trouve cette page-là trop dure...

ZOEGER (avec un geste sec).—Je ne touche pas au savant; je m'occupe de Pasteur métaphysicien.

BAROIS.—J'entends bien. Mais tu juges Pasteur comme tu jugerais l'un de nos contemporains, un de ses élèves.

Je ne dis pas que sa conception philosophique de l'univers.. Mais tu oublies trop que notre matérialisme scientifique, c'est à ce spiritualiste impénitent que nous le devons!

ZOEGER (geste qui déblaye).—Je sais comme toi ce que nous lui devons,—quoique cette façon de parler ne corresponde pour moi à aucune reconnaissance sentimentale... (Un rire bref, qui dans cette face jaune, montre des dents luisantes.)