BAROIS.—Etes-vous sûrs que Portal viendra ce soir?
CRESTEIL.—Il me l'a dit.
ZOEGER.—Ne l'attendons pas.
BAROIS.—C'est que j'ai de bonnes nouvelles à vous annoncer, et j'aurais voulu que le groupe fût au complet... Oui, mes amis, au point de vue matériel, notre Semeur continue à être en excellente voie. Je viens d'achever nos comptes semestriels. (Soulevant un registre.) Ils sont à votre disposition.
Nous avons débuté, il y a six mois, avec 38 abonnements. Nous en avons 562 ce mois-ci. De plus, il s'est vendu, le mois dernier, 800 livraisons, tant à Paris, qu'en province. Et nos 1.500 numéros de juin sont déjà épuisés.
CRESTEIL.—La collaboration de Luce nous a certainement été d'un solide appui.
BAROIS.—C'est évident. Depuis le premier article qu'il nous a donné il y a quatre mois, les abonnements ont exactement doublé. Le Semeur de juillet se tirera à 2.000. Je vous propose même de donne, à ce numéro 220 pages au lieu de 180.
ZOEGER.—Pourquoi?
BAROIS.—Voici. Les lettres reçues à propos de la revue augmentent dans une proportion considérable. J'en ai eu près de 300 à lire ce mois-ci! Je les ai classées, avec l'aide d'Harbaroux, selon les articles qui les avaient inspirées, et je transmettrai à chacun de vous celles qui le concernent. Vous verrez qu'il y en a beaucoup d'intéressantes. Je crois qu'il conviendrait de leur faire une place dans la constitution de nos numéros. Nous sommes sérieusement lus et discutés; ces lettres en sont la preuve; il faut en être fiers et ne pas enfouir dans nos tiroirs cette participation du public à notre effort. Je vous offre donc de publier chaque mois la partie la plus significative de notre correspondance, accompagnée, lorsqu'il y aura lieu... (Entrée de Portal.) Bonjour... accompagnée d'une note rédigée par l'auteur de l'article.
Portal, distrait et la figure sérieuse contre son habitude, serre la main de Cresteil, de Barois, puis s'assied.